Rester au frais chez soi : mode d’emploi
Le confort d’été, c’est la capacité à rester au frais chez soi, même quand il fait très chaud dehors. Découvrez nos conseils et astuces pour préserver la fraîcheur chez vous tout l’été !
Climat et chaleur en ville
En 2022, la France métropolitaine a connu son année la plus chaude depuis le début des relevés en 1900. Ce record s’inscrit dans une tendance mondiale d’augmentation des températures, liée aux émissions de gaz à effet de serre.
Quelles températures pour l’été 2050 ?
Cette hausse globale des températures aura des conséquences bien réelles sur les épisodes de chaleur en France.
Selon Météo-France, les vagues de chaleur pourraient devenir 5 fois plus fréquentes et durer plus longtemps, du début juin à la mi-septembre. Les nuits chaudes à plus de 20 °C seront aussi plus fréquentes, en particulier en ville. Les températures estivales pourraient battre de nouveaux records : jusqu’à 48 °C localement certaines années.
Pics, vagues de chaleurs, canicules : comment qualifier ces différents phénomènes ?
On parle de pic de chaleur quand les températures dépassent les normales saisonnières pendant un ou deux jours seulement.
Une vague de chaleur dure plus longtemps : plusieurs jours consécutifs où les températures restent au-dessus des moyennes habituelles.
Enfin, une canicule correspond à un épisode de fortes chaleurs, de jour comme de nuit, pendant au moins trois jours. Elle peut représenter un risque pour la santé, surtout chez les personnes fragiles. Les seuils varient selon les départements : entre 17 °C et 24 °C la nuit, 32 °C et 36 °C le jour.
La « vigilance canicule » de Météo France
La vigilance canicule, mise en place par Météo-France, sert à prévenir l’arrivée d’un épisode de fortes chaleurs. Elle informe les autorités et le grand public tout en rappelant les bons gestes pour se protéger.
Chaque département fixe ses niveaux de vigilance en fonction de ses propres caractéristiques : seuils de températures mais aussi impacts sur la santé des habitants.
Cette vigilance repose sur une échelle à quatre niveaux : du vert qui ne nécessite pas de précaution particulière, au rouge qui signale une canicule extrême pouvant affecter la santé de tous et perturber la vie quotidienne (sécheresse, approvisionnement en eau potable, ralentissement d’activités, etc.).
La surchauffe en milieu urbain
En ville, la chaleur se fait souvent plus intense à cause du phénomène d’îlot de chaleur urbain. Ce terme désigne un réchauffement local de l’air dans les agglomérations, souvent bien supérieur aux températures observées dans les zones rurales environnantes, en particulier la nuit.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :
- Les matériaux urbains (béton, bitume, façades) accumulent la chaleur le jour et la restituent la nuit.
- La densité des bâtiments limite la circulation de l’air et empêche la chaleur de s’évacuer.
- Les activités humaines contribuent aussi à la hausse des températures, notamment les transports et les climatiseurs qui rejettent de l’air chaud.
- Le manque de végétation prive la ville de l’effet rafraîchissant naturel lié à l’évapotranspiration des arbres.
D’après le baromètre Énergie-Info 2025 du Médiateur national de l’énergie, près d’un ménage sur deux (49 %) déclare avoir souffert de la chaleur durant l’été 2025.
Depuis 2020, ce taux varie entre 40 % et 60 % selon les années, en fonction de l’intensité des épisodes de chaleur.
Risques associés aux fortes chaleurs
L’exposition prolongée à de fortes chaleurs comporte deux grands risques pour la santé.
- L’hyperthermie (ou coup de chaleur) : la température du corps augmente anormalement, provoquant maux de tête, vertiges, fatigue, nausées, confusion, voire coma dans les cas les plus graves.
- La déshydratation : le corps perd plus d’eau qu’il n’en reçoit, entraînant soif, fatigue, maux de tête, voire fièvre et perte de conscience si elle s’aggrave.
Nous sommes toutes et tous concernés par ces risques sanitaires, mais certaines personnes sont plus vulnérables : les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes ou encore les personnes en situation de handicap. Dans les cas les plus sévères, ces pathologies peuvent entraîner des séquelles importantes, voire le décès. En Île-de-France, 557 décès ont été attribués à la chaleur durant l’été 2025.
Il s’agit donc un véritable enjeu de santé publique, amené à s’intensifier avec le réchauffement climatique.
Comment m’informer dans ma ville ?
Les personnes vulnérables sont invitées à s’inscrire au registre canicule de leur ville. Elles seront contactées régulièrement par les services municipaux pendant la durée de l’alerte canicule, afin de s’assurer que tout va bien et leur apporter l’aide nécessaire en cas de besoin.
Nos conseils pour rester au frais dans son logement
Empêcher la chaleur d'entrée
Je ferme les fenêtres dès que la chaleur extérieure dépasse la température intérieure.
Je ferme les volets, stores... sur les façades ensoleillées. Si vous n’êtes pas équipés, vous pouvez placer des films solaires ou des couvertures de survie sur les vitres concernées pour réfléchir les rayons du soleil. L’installation de rideaux thermiques peut également vous être utile.
J’isole les pièces exposées au soleil : fermer les portes pour conserver la fraîcheur dans les autres pièces.
Des écogestes simples pour gagner en confort
J’utilise un ventilateur ou un brasseur d’air pour créer une sensation de fraîcheur.
J’adapte mon alimentation : privilégiez les aliments riches en eau et hydratez-vous régulièrement.
Je m’habille avec des vêtements larges pour favoriser la circulation de l’air.
Je me rafraîchis notamment au niveau des coudes, des genoux, de la tête et des pieds pour faire baissez la température du corps.
Je végétalise mes fenêtres ou espaces extérieurs pour bénéficier de l’ombre procurée par les plantes.
Limiter les apports de chaleur
J’évite l’utilisation d’appareil qui émettent de la chaleur (four, plaques de cuisson, fer à repasser, sèche-linge, etc.)
J’éteins les appareils électroniques inutilisés ou en veille qui émettent de la chaleur.
Evacuer la chaleur
J’ouvre les fenêtres le matin et la nuit pour évacuer la chaleur accumulée durant la journée. Vous pouvez aussi orienter un ventilateur face à la fenêtre ouverte pour aider à faire sortir l’air chaud.
J’évite d’utiliser un climatiseur, très énergivore et contribuant au réchauffement de l’air extérieur et au phénomène d’îlot de chaleur urbain. En dernier recours, allumez la climatisation lorsque la température de la pièce dépasse 26°C et respectez une différence de 5°C maximum avec l’extérieur.
Et si ça ne suffit pas ?
Si malgré ces éco-gestes la température reste trop élevée chez vous, n’hésitez pas à chercher un peu de fraîcheur ailleurs !
Des lieux comme les bibliothèques, musées, cinémas ou centres commerciaux sont généralement climatisés.
Certaines communes adaptent aussi leurs services en période de canicule : horaires élargis pour les piscines ou les parcs, et parfois même mise à disposition de salles rafraîchies dans les mairies ou autres bâtiments publics.
Pour plus d’informations sur les lieux refuges près de chez vous, renseignez-vous auprès de votre ville, ou consultez la carte des abris climatiques de la Région Île-de-France.
Agir durablement sur mon logement
Un logement mal isolé l’hiver devient souvent une véritable bouilloire l’été ! Il existe plusieurs solutions pour améliorer le confort thermique, selon que vous soyez locataire ou propriétaire.
- J’isole mon logement : c’est la solution la plus adaptée à long terme car un logement bien isolé évite les entrées de chaleur l’été et de froid l’hiver. La toiture, fortement exposée au soleil, peut représenter entre 30% et 50 % des apports thermiques totaux d’un bâtiment.
- J’installe des protections solaires extérieures pour empêcher la chaleur d’entrer dans mon logement : volets roulants, stores ban, persiennes, pergola, casquettes solaires ou encore
- Je végétalise ma cour d’immeuble, toiture terrasse ou façade. La végétalisation va créer un îlot de fraîcheur : en été, les plantes rafraîchissent naturellement l’air par évapotranspiration, contrairement aux surfaces minérales qui emmagasinent la chaleur.
Dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, le dispositif MaPrimeRénov’ peut prendre en charge des travaux spécifiques d’amélioration du confort d’été (brasseurs d’air fixes, protections solaires ou volets extérieurs).
Pour plus d’information, renseignez-vous auprès de nos conseiller·ères France Rénov’.